Fin juillet, les forces de l’ordre ont frappé fort dans le bassin creillois. En 48 heures, deux motos de cross ont été saisies lors de deux interventions distinctes à Nogent-sur-Oise et Creil. Refus d’obtempérer, conducteur sans permis, moto non assurée : les infractions s’accumulent. La répression des rodéos s’accélère dans plusieurs communes de l’Oise, et la police prévient que la route n’est pas un terrain de jeu.
Deux motos saisies en 48 heures dans l’Oise : le récit des interventions
Le mercredi 29 juillet, les policiers du commissariat de Creil patrouillent à Nogent-sur-Oise. Ils repèrent un individu sur une moto-cross, sans casque, roulant à vive allure dans les rues. Sa conduite est dangereuse, imprévisible. Les agents tentent de l’arrêter, mais l’homme refuse d’obtempérer. Une course-poursuite s’engage. L’interpellation est musclée : un policier est légèrement blessé dans l’échange. Le pilote est finalement placé en garde à vue, sa machine saisie.
Le lendemain, jeudi 30 juillet, l’opération se poursuit à Creil. Sur le boulevard Allende, très fréquenté, les policiers repèrent un autre conducteur de moto-cross. Cette fois, le visage est caché par une cagoule. Un détail qui inquiète immédiatement les agents. L’homme est stoppé rapidement. Le contrôle révèle deux problèmes majeurs : il n’a pas le permis de conduire et sa moto n’est pas assurée. Nouvelle saisie immédiate.
Nogent-sur-Oise : un refus d’obtempérer qui tourne mal
La première intervention s’est donc soldée par un refus d'obtempérer. Ce délit, prévu à l’article L233-1 du code de la route, expose le conducteur à un an de prison et 15 000 euros d’amende. La sanction est alourdie si la fuite met autrui en danger. Dans ce cas précis, les policiers ont dû mettre en place un dispositif d’interception sécurisé pour éviter que d’autres usagers ne soient percutés. L’issue aurait pu être tragique.
Les infractions relevées lors de cette première opération :
- 📌 Conduite d’une moto-cross sans casque
- 📌 Mise en danger de la vie d’autrui
- 📌 Refus d’obtempérer
- 📌 Saisie de la moto en vue d’une destruction
Le pilote, connu des services de police, a été maintenu en garde à vue pour prolonger l’enquête. Sa moto, une moto-cross de marque inconnue, a été immobilisée et placée en fourrière. Elle sera vraisemblablement détruite.
Creil : un cagoulé circulait sans permis et sans assurance
Le lendemain, l’opération a pris une autre tournure à Creil. Le port de la cagoule, interdit dans l’espace public, a immédiatement attiré l’attention. L’individu, interpellé sans résistance, cumulait les infractions. Pas de permis, pas d’assurance, engin non homologué pour la route. Autant de manquements qui justifient la saisie de la moto. La police a souligné que ce type de comportement met en danger les piétons et les autres conducteurs.
Ce second épisode montre que les rodéos ne se limitent pas à de simples excès de vitesse. Il s’agit souvent de conducteurs totalement hors-la-loi, sans aucune assurance ni permis. en cas d'accident, les victimes ne peuvent pas être indemnisées. D’où l’importance de ces opérations de contrôle menées par la police nationale.
Répression des rodéos dans l’Oise : une lutte qui s’étend à plusieurs communes
Ces deux saisies ne sont pas des cas isolés. Depuis le début de l’année, la préfecture de l’Oise a multiplié les opérations contre les rodéos motorisés. Des communes comme Laigneville, Montataire, ou encore Nogent-sur-Oise sont particulièrement touchées. Des moto-cross envahissent les rues, les champs et les espaces publics, au grand dam des habitants. La gendarmerie et la police nationale coordonnent leurs actions pour endiguer ce phénomène.
Les chiffres publiés par la préfecture confirment l’ampleur de la tâche. Des dizaines de procès-verbaux ont été dressés, plus d’une vingtaine de motos saisies en quelques mois. Les forces de l’ordre utilisent désormais des drones et des caméras embarquées pour identifier les auteurs. La collaboration des citoyens est également précieuse. Les signalements en ligne ont permis de résoudre plusieurs affaires.
Sur le terrain, les habitants respirent. Julien, un motard qui traverse le bassin creillois chaque matin, raconte : « Avant, on voyait des groupes de moto-cross faire des wheelings sur les ronds-points. J’ai failli en percuter un, un matin. Aujourd’hui, on voit plus de patrouilles, c’est plus rassurant. » Une anecdote qui illustre le changement de climat, même si la vigilance reste de mise.
Que deviennent les motos saisies lors de ces opérations ?
Une moto saisie en fourrière ne réapparaît pas sur la route. La procédure est stricte. Le véhicule est photographié, inventorié, puis placé sous scellés. Si l’enquête confirme que le conducteur ne peut pas justifier d’un permis ou d’une assurance, la moto est confiée à un service de destruction. Elle est ensuite broyée et recyclée, souvent pour l’exportation vers des pays d’Afrique ou d’Europe de l’Est, sauf si le cadre est hors d’usage.
Cette destruction systématique envoie un signal fort. La préfecture de l’Oise veut dissuader les amateurs de sensations fortes. Les forces de l’ordre le rappellent : « La route n’est pas un terrain de rodéo. » Une formule simple, mais qui résume une politique de tolérance zéro. Le coût d’une moto-cross neuve peut atteindre plusieurs milliers d’euros. La voir partir à la casse, c’est une sanction économique dissuasive.
Dans certains cas, la moto peut être restituée si une personne peut prouver qu’elle en est le propriétaire légitime. Mais cela reste rare. La plupart des moto-cross saisies sont non immatriculées, sans numéro de série apparent. Elles sont donc impossibles à identifier. La destruction est alors inévitable.
Signaler un rodéo urbain dans l’Oise : les bons réflexes
La police compte sur les témoignages pour identifier les zones sensibles. Si vous voyez une moto-cross circuler dangereusement, vous pouvez réagir immédiatement. Voici la marche à suivre :
- 🚨 Composez le 17 pour une intervention urgente
- 📱 Rendez-vous sur la plateforme officielle de signalement en ligne
- 📹 Notez l’heure, le lieu, la direction prise par le pilote
- 🎥 Si possible, filmez ou photographiez sans vous mettre en danger
- 📝 Transmettez les éléments à la police via votre espace de signalement
Ces informations aident les enquêteurs à cibler leurs patrouilles. La plateforme en ligne, accessible 24h/24, permet de déposer un signalement sans appeler les secours. Les données sont transmises automatiquement au commissariat le plus proche. Chaque témoignage compte. Les forces de l’ordre traitent ces signalements avec priorité, surtout en période estivale.
Et vous, motards ? La meilleure arme contre les rodéos, c’est la responsabilité. rouler sur une moto homologuée, avec un équipement complet, une assurance valide, c’est montrer l’exemple. Les motards qui respectent le code de la route gagnent la confiance des autres usagers. Les contrevenants, eux, perdent leur moto. Tôt ou tard, la répression finit toujours par rattraper les pilotes de moto-cross qui transforment les rues de l’Oise en terrain de jeu.

Alexandre a passé dix ans dans la presse moto avant de fonder Motophile en 2023. Il roule au quotidien sur une Triumph Street Twin et restaure une Honda CBX 750 dans son garage stéphanois. Il croit dur comme fer aux essais sincères et refuse les voyages de presse sponsorisés.
7 commentaires
Ça gâche tout pour les amoureux de deux-roues qui veulent juste s’évader.
Merci Alexandre pour cet article. On aimerait comprendre ce qui pousse ces jeunes à tant de risques.
Combien de lits d’hôpital remplis par ces imprudences ? Bravo aux forces de l’ordre.
Entre la vitesse et les rodéos, je préfère de loin mes balades tranquilles. Sans casque, c’est pas malin !
Bonjour Alexandre, merci pour cet article. En motarde, je suis choquée : casque et permis ne sont pas optionnels !
Merci Alexandre, deux saisies en 48h, c’est du concret. Mais sans permis ni assurance, ces pilotes sont des dangers publics.
Le bitume n’est pas un studio, on ne joue pas avec la vie. Bien joué.
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