Le reportage « Journal de 20 heures » sur TF1+ révèle une trajectoire inquiétante pour les deux-roues. Près de 33 000 motos ont été déclarées volées en 2025. Mais que deviennent réellement ces véhicules ? La revente classique tend à disparaître au profit d’un démontage en règle. Direction les réseaux sociaux, vitrine du marché noir. Voici ce qu’une enquête minutieuse nous apprend, et comment réagir pour protéger ta machine.
Trajectoire des deux-roues volés : le circuit a changé
Près de 33 000 motos volées en 2025
Les chiffres donnent le tournis. En 2025, plus de 33 000 deux-roues motorisés ont été déclarés volés en France. Tous les cylindrées sont concernés, des 125 cm³ aux grosses sportives.
Les régions urbaines restent les plus touchées. L’Île-de-France et les grandes métropoles comme Lyon ou Marseille concentrent l’essentiel des vols. Mais le phénomène gagne aussi les zones rurales. Les motos stationnées en pleine rue, sans protection, représentent des cibles faciles.
Les enquêteurs constatent une organisation inédite. Les voleurs n’attendent plus des semaines avant d’agir. Dès les premières heures, le véhicule passe entre les mains de complices spécialisés. Sa trajectoire devient alors presque impossible à tracer sans les bons outils.
Le démontage, nouvelle priorité des voleurs
Autrefois, la revente d'une moto complète dominait le trafic. Aujourd’hui, la tendance s’inverse. Les malfrats privilégient le démontage rapide des motos volées. Les pièces détachées se revendent bien mieux et laissent moins de traces.
Un carénage, une roue, un réservoir ou encore une boucle arrière s’écoulent en quelques heures. Les motos les plus récentes, dotées d’électronique sophistiquée, sont démontées en un temps record. Le moteur et la transmission partent séparément, puis atterrissent sur des plateformes de vente en ligne.
Les réseaux sociaux, vitrine du marché noir
Le marché noir s’est numérisé. Facebook Marketplace, Instagram et même des groupes WhatsApp servent de vitrines aux receleurs. Les annonces paraissent souvent anodines : « pièce d’occasion », « vendu sans facture », « échange possible ».
Le problème ? Difficile de prouver l’origine frauduleuse d’un étrier ou d’une jante sans numéro de série visible. Surtout que certaines pièces, comme les attaches ou visseries, ne portent aucune gravure. Les acheteurs, parfois de bonne foi, alimentent sans le savoir ce trafic lucratif.
- 🚨 Annonce floue avec photos prises dans un garage, jamais en extérieur
- 🧩 Vendeur pressé qui refuse de parler au téléphone ou d’envoyer plus de détails
- 💶 Prix très en dessous du marché, souvent entre 30 et 50 % moins cher qu’en magasin
- 🔧 Pièces proposées sans facture ni preuve d’achat, toujours en espèces
- 📦 Vendeur qui propose la livraison via un point relais, sans jamais donner d’adresse précise
Face à ces signaux, la vigilance s’impose. Comme le souligne le reportage du Journal de 20 heures sur TF1+, l’absence d’antivol est dans près de 60 % des cas à l’origine du vol. Un simple blocage de disque ne suffit plus.
La récupération des véhicules volés : une véritable course
La revente de pièces détachées, un marché parallèle qui explose
Le modèle économique des voleurs a évolué. Démonter un deux-roues en pièces détachées peut rapporter trois à quatre fois le prix de revente d’une moto complète. Un carénage de sportive se négocie entre 800 et 1 500 euros.
Les composants électroniques, comme les compteurs ou les calculateurs, partent en premier. Ils sont prisés parce qu’ils coûtent très chers chez les constructeurs. Les pièces de suspension inversée, les étriers radiaux et les combinés arrière s’arrachent également sur le marché noir.
Ce trafic profite d’une certaine opacité. Beaucoup de clients pensent acheter des pièces issues de motos accidentées ou de dossiers de récupération. En réalité, une partie provient directement de deux-roues qui circulaient encore la veille.
Mécaniciens et receleurs : un réseau hiérarchisé
Les enquêtes récentes montrent une organisation quasi industrielle. Des garages clandestins opèrent en périphérie des grandes villes. Ils accueillent les motos volées, les démontent et alimentent ensuite des ateliers de réparation plus ou moins complices.
Les voleurs opèrent souvent en équipe : un repérage sur le terrain, un transporteur, un démonteur et un vendeur en ligne. Chaque maillon touche sa part, sans jamais connaître l’identité des autres. Ce cloisonnement complique le travail des forces de l’ordre.
En 2026, la douane et la gendarmerie multiplient les contrôles sur les pièces détachées. Les renseignements judiciaires utilisent des traceurs et des applications de reconnaissance de numéros. Mais la tâche est vaste.
Les motos exportées vers d’autres pays européens
Si le démontage domine, l’exportation de motos complètes existe toujours. Les deux-roues traversent les frontières françaises dans des camions ou des fourgons. Direction l’Espagne, le Maroc ou les pays de l’Est.
Là-bas, les véhicules retrouvent une seconde vie avec de faux papiers. Les motos récentes avec carte grise et clés codées passent par des ateliers spécialisés dans la falsification. En Belgique et aux Pays-Bas, certains réseaux changent les numéros de châssis.
La coopération européenne commence à porter ses fruits. Le système d’échange d’informations des polices nationales a permis la saisie de plusieurs centaines de motos en 2026. Malgré tout, la récupération complète du véhicule reste rare pour le propriétaire.
Antivol, traçeur, preuve d’achat : les réflexes à adopter
La protection avant tout : le bon antivol fait la différence
Les motos les moins protégées sont les premières victimes. Un bon antivol en U, homologué SRA, décourage la majorité des voleurs. Associe-le à un blocage de disque sonore et à un traceur GPS si possible.
Les modèles récents intègrent parfois un système d’immobilisation électronique. Pensez aussi à graver le numéro de série sur les pièces majeures. Cette gravure facilite l’identification par les enquêteurs et complique la revente des pièces.
Le choix de l’emplacement compte aussi. Attachez votre moto à un point fixe scellé dans le sol, si vous le pouvez. Le rapport du Journal de 20 heures rappelle que les deux-roues volés sont souvent retrouvés sans aucune protection. Ne facilitez pas la tâche des malfrats.
La preuve d’achat : une arme pour ton assurance
En cas de vol, ton assurance demande des justificatifs. La facture d’achat, le certificat de conformité et les photos du véhicule sont indispensables. Conservez aussi une trace des options installées : silencieux, top case, bulle, etc.
Ces éléments permettent de calculer l’indemnisation à la valeur de remplacement. Sans eux, l’assureur peut proposer une offre minimale, basée sur des estimations génériques. La différence peut atteindre plusieurs milliers d’euros sur une moto récente.
Prendre quelques photos de ta moto sous tous les angles au moment de l’achat constitue une bonne habitude. Pensez également à scanner les factures et à les stocker dans un cloud sécurisé. En cas de pépin, tu gagneras un temps précieux.
Vérifier la trajectoire d’une moto d’occasion, un geste citoyen
Lors d’un achat d’occasion, exigez l’historique complet du véhicule. Un contrôle via Histovec, le service public du ministère de l’Intérieur, est gratuit. Il révèle le nombre de propriétaires, les sinistres et les vols éventuels.
Méfiez-vous des offres trop alléchantes, surtout sur les pièces détachées. En achetant une pièce provenant d’une moto volée, tu deviens complice de recel. Cette infraction peut te valoir une amende de 375 euros et la confiscation de la pièce.
En 2026, la vigilance reste le maître-mot. Le nombre de motos volées ne baisse pas et les réseaux se professionnalisent. En protégeant ta machine et en restant attentif, tu rends le travail des voleurs plus difficile.
La trajectoire des deux-roues volés passe souvent par le démontage et la revente sur le marché noir. Une enquête du Journal de 20 heures sur TF1+ l’a montrée clairement. Protège-toi avec des antivols efficaces et conserve toutes tes preuves d’achat.

Alexandre a passé dix ans dans la presse moto avant de fonder Motophile en 2023. Il roule au quotidien sur une Triumph Street Twin et restaure une Honda CBX 750 dans son garage stéphanois. Il croit dur comme fer aux essais sincères et refuse les voyages de presse sponsorisés.
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